Écrire un livre n’est pas rentable. Le faire est la meilleure décision business. Avec Sélim Niederhoffer

Écrire un livre n'est pas rentable. Le faire est la meilleure décision business. Avec Sélim Niederhoffer

Sélim Niederhoffer est le meilleur formateur français en copywriting et en ghostwriting que je connais. Je l’ai connu par le Guide du Copywriting qu’il a vendu à plus de 15 000 exemplaires. Ce guide ne lui a rapporté que quelques milliers d’euros en droits d’auteur. Pourtant, il lui a ouvert les portes de Velux, Léon Grosse, Orange, Décathlon… Comment un livre peut-il devenir le meilleur ROI de votre carrière, alors qu’il n’est pas rentable ? Histoire d’un copywriter dont le parcours hors norme mériterait à lui seul un livre…

Sélim Niederhoffer, copywriter et formateur en copywriting

S. N. : « Je suis formateur en copywriting et copywriter depuis 2010. J’aide tous les entrepreneurs à vendre mieux avec leurs mots. On veut amener un inconnu à cliquer sur “découvrir notre entreprise”, “acheter nos produits”, “donner à la Croix-Rouge”, “regarder la démo du logiciel”, “prendre un rendez-vous dans mon calendrier”. On veut que chaque contenu serve à quelque chose. L’idée, c’est de ne jamais écrire pour rien.

Écrire des textes de vente

Le copywriting, si on reprend l’étymologie, c’est écrire de la copie, c’est-à-dire de la pub, des textes de vente. Dans les années 60, c’était la page de pub dans un magazine : “Découpez le petit coupon, allez au magasin et profitez de 15 % de réduction.” Mais comment on applique ça à l’ère du numérique ?

On cherche à faire avancer les gens dans le parcours client. D’abord, je fais découvrir ma marque : regardez, je suis le meilleur, le plus fort, le plus beau, le plus nouveau. Ensuite, j’ai un service : est-ce qu’il est pour toi ? Oui, tiens, voilà tout ce qu’il fait, voilà la promesse de transformation que je peux te vendre. Et derrière, tu cliques et tu vas acheter, tu sors ta carte bleue.

Les copywriters les plus forts sont les “direct response copywriting”. Dans les années 60, 70, 80, tu recevais dans ta boîte aux lettres une enveloppe avec : “Bonjour, on aimerait te vendre un flacon de sable du Mexique. Voilà pourquoi c’est bien, pourquoi c’est trop cool, comment on l’a ramené, ce sable du Mexique. T’en veux ? Découpe ton coupon, remplis-le, mets-le dans une enveloppe, joins un chèque et envoie tout ça.” C’est très fort, parce que cinq minutes avant d’ouvrir le courrier, ma grand-mère ne savait pas qu’elle en avait besoin. Mais c’est tellement bien écrit qu’elle a envie d’acheter ce produit. C’est ça, le direct response : première fois que tu vois le message, je veux que tu agisses.

Aujourd’hui, le copywriter ne fait plus qu’écrire purement de la copie de conversion pour vendre immédiatement. Il est impliqué dans toute la stratégie de contenu : de la découverte de la marque aux fiches produits, aux articles SEO, à la marque personnelle du fondateur d’une entreprise. “Everything Words” comme disait un copywriter américain sur sa bannière LinkedIn.

Une double activité de formateur

Ma boîte, Les Mots Magiques, c’est à la fois pour former des particuliers qui voudraient devenir copywriters ou pour améliorer les process des copywriters ou ghostwriters déjà freelances qui aimeraient gagner plus. Je les aide à mieux comprendre leur job, mieux se vendre, mieux se structurer. Parmi mes formations, il y a la formation star Devenir Copywriter 5 étoiles et la dernière sortie Ghostwriter pro (liens affiliés).

Et aussi, je forme des équipes marketing dans les entreprises : Orange, Décathlon, WaveStone, Louboutin, par exemple. À chaque fois, on travaille sur des cas concrets, sur leur site Internet, sur leurs réseaux sociaux…

Ce qui est tellement bien, c’est que tu es obligé de toucher à tout : on m’a demandé d’écrire des vidéos, de concevoir mes premières pubs magazines, de réécrire de l’aménagement pour des salons professionnels, parce que c’est aussi des mots. On a un job qui est vraiment fascinant !

Rester copywriter pour garder les pieds sur le terrain

Le fait que je sois encore copywriter me permet d’être plus crédible dans mes formations. Je reste vraiment les pieds sur le terrain. “Dans telle mission, j’ai vu ça, on m’a demandé ça. Voilà comment vous devriez faire si on vous demandait ça.” Si demain, je ne suis plus copywriter, la posture n’est plus la même. Je deviens un vendeur de formations. Et je n’en ai pas envie.

J’ai écrit pour Wilkinson, la FNAC, Veuve Clicquot, Boss, Guerlain, des appareils dentaires, la CNAM… Beaucoup de clients très chouettes. Et ça continue. Parce que c’est ça qui m’intéresse : rester créatif, trouver de grandes idées.

Et puis, il y a le ghostwriting. J’étais déjà ghostwriter, principalement pour des coachs en développement personnel pour écrire des livres blancs, des lead magnets, de longues formations, des e-books que je publiais sur Amazon. Mais rien de ce que j’avais écrit en ghost n’était sorti en maison d’édition.

Grâce au Guide du Copywriting, on est venu me chercher pour écrire des livres qui sont sortis ensuite en maison d’édition. Et ça, c’est très chouette. Je viens de finir un livre en ghostwriting pour un client. J’ai eu validation de l’éditrice et validation du client. Mais c’était un gros boulot.

Cette activité de copywriting et de ghostwriting me permet de rester praticien. Et ça, c’est essentiel pour rester crédible comme formateur. »

Un parcours atypique

S. N. : « J’ai eu un parcours hors du commun pour la bonne raison que j’étais célibataire de 2007 à 2017, à ne penser qu’à mon travail. Et je pouvais avoir trois activités en même temps.

J’étais à Paris aussi. Là, tu es au cœur de la sphère médiatique, au cœur du business et ça va beaucoup plus vite si tu sors. Et moi, je sortais trois, quatre soirs par semaine. Je voyais du monde, j’avais accès aux journalistes beaucoup plus facilement. J’avais un carnet d’adresses. Ce ne sont pas mes clients en copywriting, mais ils m’ont ouvert des portes.

D’un côté, j’ai développé un blog personnel sur la séduction au masculin. Écrire, faire de la presse, de la télé, des vidéos YouTube, je faisais absolument tout. On a publié plus de 2 500 articles, il y avait plus de 300 vidéos sur la chaîne YouTube. C’est comme ça qu’on avait à peu près 2 millions de visites par mois sur le site.

Aujourd’hui, mon blog Les Mots Magiques fait 5 000 visites par mois. Je suis comme un fou, c’est merveilleux. Mais les chiffres n’ont rien à voir du tout. Avant, j’étais sur une niche universelle : l’amour, la séduction, ça parle à tout le monde. Aujourd’hui, je suis beaucoup plus niché. Mais j’étais excellent dans ce domaine-là et surtout, j’étais passionné.

J’ai commencé à coacher aussi dans ce domaine de la séduction. J’ai fait ce que j’apprends toujours dans toutes mes formations : tes premiers clients, prends-les gratuitement. Parce que dans le coaching, au début, il faut bien que tu te fasses la main.

À côté de ça, je travaillais pour un artiste dans la musique, c’était génial : je faisais son community management dans la musique, le cinéma, le poker.

Et j’écrivais aussi de la copy pour des entreprises. J’ai commencé avec Wilkinson. Et plein d’autres missions.

Le sujet mainstream que les médias adoraient

Moi, j’ai commencé en lisant des livres, en faisant des résumés de livres, en disant ce que j’avais aimé dedans. En fait, je construisais mon autorité au fil du temps : « Attends, je t’explique un truc. Toi, tu galères, tu as lu un livre cette année. J’en ai lu 22. Je sais un peu plus de trucs que toi. » Posture d’expert avec la partie théorie. Mais là où je gagnais encore plus, c’est que je sortais. Je pouvais vraiment leur dire des choses que je vivais. Le côté pratique.

Avec Art de Séduire, le sujet était tellement mainstream que les médias adoraient ça. C’était avant #MeToo. Tous les ans, à la Saint-Valentin, on me faisait venir sur BFM. J’ai fait les cinq plus grosses radios de France avec la séduction : France Info, France Culture, France Bleu, RTL, NRJ.

Aujourd’hui, vous n’êtes plus obligé de faire ce que j’ai fait. Vous vous concentrez sur une niche, un domaine, et surtout avec l’IA, vous allez pouvoir produire beaucoup plus.

Comment se faire connaître avec une double cible

S. N. : « Mon dilemme aujourd’hui, c’est que j’ai deux cibles très différentes avec deux besoins différents. Le client particulier qui cherche une formation en copywriting et le client en entreprise qui vient me chercher pour que je forme ses équipes.

Deux cibles, c’est deux stratégies SEO, deux stratégies de contenu. Si j’étais vraiment sérieux, je n’en choisirais qu’une parce que deux, c’est dur à gérer. À chaque niveau, ça demande deux fois plus d’efforts. Certes, l’une alimente l’autre. Mais c’est beaucoup de travail.

Le fait que je sois encore copywriter me permet d’être plus crédible dans mes formations. Mais en termes de positionnement, il y a aussi cette question-là.

Je dois produire toute une partie de contenu sur “voilà ce que je sais faire en tant que copywriter, voilà les use cases, les études de cas que j’ai vécues avec mes clients, voilà qui sont mes clients”. OK, il sait écrire pour des clients, mais est-ce que c’est un bon formateur ? OK, c’est parti. “Voilà ce que je vais vous apprendre. Voilà ce que vous allez pouvoir faire. Voilà les transformations. Et voilà ce que Johan a pu gagner grâce au copywriting.” Et ça, c’est plutôt l’animation de la chaîne YouTube.

Stratégie de visibilité pour les entreprises (BtoB)

Pour trouver des clients entreprises, je vais frapper aux portes : LinkedIn, Sales Navigator. “Bonjour, je peux vous aider à atteindre vos objectifs” en caricaturant.

Pour me faire un peu plus connaître, je fais les salons où les pros sont présents, même si t’as beaucoup de gens qui sont là pour vendre des choses : salon du marketing, International Marketing Day devenu Intelligence Marketing Day à Rennes et à Lyon, bientôt aussi à Paris. À Paris, tu as Go Entrepreneur. En plus, mon éditeur, Eyrolles, y a toujours un stand.

Cet aspect physique est très important et mon livre me sert de carte de visite ultime.

Stratégie de visibilité pour les particuliers en reconversion

Pour trouver des clients que je forme en copywriting, des particuliers qui veulent devenir copywriters, ça marche bien parce que ces personnes en reconversion tournent un peu partout. Elles sont dans de multiples groupes et suivent deux à trois formations en même temps.

Ces clients-là sont amenés à parler du copywriting et ils peuvent créer leur code affilié. Ils savent que, s’ils réussissent à convertir quelqu’un, c’est 30 à 40 % de commission. Donc ça rentabilise pas mal ta formation. Et ça marche plutôt bien.

J’ai fait beaucoup de YouTube au début, en 2020-2021. Ça continue de fonctionner. Il y a beaucoup de monde qui arrive via la vidéo YouTube qui dit : “Téléchargez le Guide du Copywriting gratuit pour faire vos premiers euros”. C’est la porte d’entrée vers l’e-mailing.

Une fois que les gens sont dans ma newsletter, j’ai une longue séquence de bienvenue, une séquence de nurturing. Je vais éduquer. J’explique ce qu’on peut faire avec le copywriting, les super performances du copywriting, tous les bienfaits de ce super métier et ce qu’on peut gagner. Et je montre les parcours pour montrer que ce n’est pas que moi, il y a aussi tous les gens que j’ai formés.

Jusqu’au moment où tu veux commencer : tiens, commence donc avec le livre ou avec cette formation à 300 € ou celle qui fonctionne le mieux, la plus demandée, la plus populaire.

C’est ça le cheminement. La porte d’entrée, c’est plutôt YouTube, parfois le blog. Ensuite, il y a le livre Le Guide du Copywriting. Et à partir de là, ceux qui sont vraiment motivés peuvent venir faire une formation.

Le bouche-à-oreille marche bien pour cette cible. Mais pour les entreprises, il n’a pas trop joué en ma faveur pour le moment. »

Le livre, ce commercial qui travaille pour vous 24/7

S. N. : « Le Guide du Copywriting, je l’avais pensé pour gagner en autorité.

En 2018, j’ai décidé d’arrêter Art de Séduire, de lever le pied sur le blogging et aussi avec le chanteur connu. C’est très bien tout ça. Mais si je coupe deux sources de revenus sur trois, je fais quoi ? J’ai fait ce que j’ai toujours su faire, j’ai écrit.

J’avais déjà eu des deals en copywriting. Mais, été 2018, je me dis : “Bon, tu vas prendre des clients gratuits pour vraiment faire des grosses missions en copywriting.” Des gens qui étaient dans mon coworking, “Vous bossez sur quoi ? De l’immobilier ? Coach en rangement ? Allez, on y va, j’écris.”

Et je me suis dit : “Bon, c’est bien. Tu as des premiers commentaires clients, des premiers avis clients, mais ce n’est pas encore assez. Écris un livre sur le copywriting.”

Pendant deux ans, j’ai relu tous les gros classiques du copywriting avec l’idée de tout synthétiser. Je l’ai écrit en 2020, il est sorti en 2021. C’était pour me positionner et pour trouver des clients. Et ça a marché.

Le paradoxe économique du livre d’autorité

Écrire un bouquin, ce n’est pas rentable. C’est pour ça que tout le monde ne faisait que des formations en ligne. Parce que tu gagnes beaucoup plus en vendant des formations en ligne.

Mes deux premiers bouquins, sortis en 2017, on va dire que c’est deux flops. 2021, le Guide du Copywriting s’est vendu à plus de 15 000 exemplaires sur quatre ans. Je suis très content, mes éditeurs aussi.

Ça m’a permis de faire le suivant, Les Mots Magiques, qui est un semi-succès pour ne pas dire un demi-échec. Le programme était différent, ça a moins mordu. Le marché n’était pas aussi présent. C’est pile le moment où ChatGPT arrive aussi. Je vois ce truc arriver, ça m’a mis un coup au moral. “Mais pourquoi j’écris un bouquin alors que l’IA, en trois lignes, elle va me sortir tout ça ?” J’ai pris beaucoup de retard sur l’écriture, si bien que ce bouquin qui devait sortir en 2023 est sorti en octobre 2024.

Entre-temps, j’ai écrit pour d’autres personnes. J’ai écrit un bouquin pour un start-upper qui n’est pas sorti finalement. Ça m’a pris beaucoup de temps. Ça a été une galère pour me faire payer. Il y a de mauvaises expériences aussi. Ce n’est pas parce que tu commences à avoir un peu de notoriété qu’on te traite mieux. Non, pas du tout.

Et puis, la mise à jour du Guide du Copywriting, la seconde édition de 2025 a été assez terrible. C’est beaucoup plus dur de faire une mise à jour. J’avais envie de tout changer… Mais je l’ai enrichi de tout ce que j’ai appris en 5 ans, et ça, c’était intéressant. Et puis, surtout, avec l’IA, j’avais dit des trucs qui n’étaient plus totalement valables.

Le livre comme levier d’autorité et de crédibilité

J’ai eu beaucoup de chance parce que le Guide du Copywriting est sorti en pleine période du troisième confinement, en mars 2021. Il y a eu des ventes. Et le succès ne s’est pas démenti au cours des quatre années qui ont suivi, malgré l’arrivée de l’IA.

Ce que ça a changé pour moi, c’est que ce travail sert à toute la communauté francophone. Parce que jusque-là, il n’y avait pas de bouquin dans les maisons d’édition. Seulement des formations ou de l’auto-édition qui remontait au début des années 2000.

Le livre a été bien mis en avant sur Amazon. Et vu qu’il a été beaucoup acheté et qu’il était numéro 1 dans la catégorie marketing, quand tu es un directeur marketing et que tu veux te tenir au courant de ce qui se passe et que tu vois ce bouquin pendant 3 – 4 ans, toujours dans le top 10, au bout d’un moment, tu l’achètes, tu le lis. Je sais que mes deux plus gros clients avaient lu le Guide du Copywriting et ils m’ont contacté grâce à ça.

Ça m’a rapporté plus de confiance en moi-même, plus d’abonnés à ma newsletter qui ensuite sont venus faire des formations longues avec moi. Donc l’impact indirect est énorme.

Ça m’a permis aussi de raffermir mes connaissances du monde de l’édition à Paris, de connaître plus d’éditeurs, de pouvoir proposer plus de projets. Ça m’a permis de signer plus de deals en ghostwriting. Parce que j’étais déjà ghostwriter pour des coachs en développement personnel principalement, pour écrire des livres blancs, des lead magnets ou de longues formations. Mais pour l’instant, rien de ce que j’avais écrit en ghost n’était sorti en maison d’édition. Et là, grâce à ce bouquin-là, on est venu me chercher pour écrire des livres sortis en maison d’édition. Et ça, c’était très chouette. »

Aujourd’hui, la célébrité précède l’autorité

S. N. : « J’ai regardé mes premiers posts LinkedIn de 2016. Un like, deux likes… Mais c’est normal, c’était nul. Il faut bien démarrer, ça fait partie du processus d’apprentissage.

Aujourd’hui, je suis une célébrité de rang D.

Le rang A, c’est Donald Trump, Kylian Mbappé, tous les basketteurs méga connus, les hommes politiques méga connus, les acteurs hollywoodiens. En rang B, des gens au niveau national. Rang C, tu vas commencer à rentrer dans des niches. Genre Yomi Denzel, Oussama Amar. Moi, je suis encore le rang d’après. Vraiment le fin fond de la niche.

La notoriété achetée

J’ai grandi à une époque où les gens étaient connus parce qu’ils avaient un talent, parce qu’ils avaient une connaissance, une vraie autorité. Aujourd’hui, tu commences par la notoriété.

Il y a une blague aux States sur Kim Kardashian : “famous for being famous”. Elle est connue pour être connue. Maintenant, elle est devenue grande entrepreneuse. Mais avant…

Le pire, c’est la triche sur la notoriété. J’ai vu ça en 2016 : j’étais blogueur, influenceur Instagram à l’époque. C’était le lancement en Europe de la Ford Mustang. On nous invite, nous, les blogueurs automobiles, les blogueurs lifestyle. Et dans ma voiture, je suis avec un gars qui a 11 000 abonnés sur son compte Instagram. Moi, j’en ai 9 000. Aujourd’hui, 11 000, ce n’est plus rien du tout. Mais à l’époque, waouh ! Il me fait : “T’inquiète, j’en ai acheté 10 000.” Mais j’avais envie de lui rouler dessus !

Effet pervers : quand tu achètes des faux followers, derrière, il faut aussi acheter des faux likes. Sinon, les marques avec lesquelles tu bosses, comme elles utilisent des outils de tracking, elles savent : est-ce que tu es beaucoup suivi ? Est-ce que tu es en baisse en ce moment ? Est-ce que tu as du reach ? Est-ce que tu as de l’engagement ? Pour lui, tout était faux.

L’évolution de la notoriété

La notoriété, c’est vraiment un nouveau jeu. Je suis fils de gendarme. C’est compliqué pour moi de tricher. Je comprends très bien l’intérêt, mais j’ai beaucoup de mal.

En fait, la démocratisation à base de “Bon, ben, salut. Alors, aujourd’hui, j’ai mangé mon kebab.” Waouh ! Ils sont devenus très forts parce qu’ils ont compris les nouvelles règles du jeu. Et ça, c’est dur de le comprendre en fonction de ton contexte personnel. Nous, on a grandi avec une télé où il y avait six chaînes. Tout ça, les réseaux sociaux, c’est un changement qui est énorme.

Pour les plus jeunes, c’est naturel. L’autorité, c’est : d’abord tu cherches ta notoriété, à être famous, ensuite tu vendras un produit, ensuite tu apprendras des trucs. Moi, j’avais assis ma mini-réputation sur une vraie connaissance, la séduction, la communication interpersonnelle, la PNL. Aujourd’hui, tu peux commencer juste parce que t’es beau gosse, parce que t’es rigolo, ou musclé, ou que tu joues aux jeux vidéo.

Il y avait aussi ce snobisme : nous, les gens de la télé, on est des gens très sérieux ; les YouTubeurs, c’est des bouffons. Le gros clash, ça a été Thierry Ardisson contre Squeezie. Aujourd’hui, ça a changé. Tu as beaucoup de YouTubeurs qui vendent des formats à la télé, qui sont visibles aussi à la télé. C’est une autre génération. »

Rester soi-même face aux injonctions entrepreneuriales

« Fais comme Untel », le pire conseil business

S. N. : « “C’est comme ça que ça marche, pas autrement.” : un des pires conseils business qu’on m’ait donnés, quel que soit le conseil. Fais du YouTube Ads. Sois plus polarisant. Non, mais en fait, ce n’est pas moi.

Un business peut fonctionner de différentes manières. Il existe tout type d’être humain. En psychologie, tu peux ranger les gens dans différentes cases, le DISC, les Insights Discovery, le test du MBTI, l’Ennéagramme… il y a tellement de cases, juste trouve la tienne. “Sois toi-même, tous les autres sont déjà pris” ou “deviens qui tu es”. Mais t’es qui ?

Under-commit, over-deliver

Le meilleur conseil qu’on m’a donné vient d’un de mes managers mexicain chez General Electric, un des seuls jobs “sérieux” que j’ai eu au début de ma carrière. On était en réunion. J’étais un junior et je voulais montrer ce que je savais faire. J’ai pris tous les projets que je pouvais. À la fin de la réunion, il m’a dit : “Arrête de te sur-engager. Fais plutôt l’inverse. Don’t over-commit.”

Under-commit, over-deliver. En gros, ça veut dire : engage-toi à courir 9 kilomètres et fais-en 11. Tu ne t’engages pas trop, mais derrière, tu envoies un truc avec des feux d’artifice. Ça, c’est le meilleur conseil business qu’on m’ait donné de toute ma vie.

Deux auteurs inspirants

J’aime beaucoup deux auteurs : Robert Greene d’abord, pour son éthique de travail. Certains auteurs, quand ils sont devenus millionnaires, ils s’arrêtent de publier. Pourquoi tu continuerais de bosser ? Robert Greene, ce qu’il aime, c’est apprendre, structurer un livre. Franchement, il est génial. J’ai eu la chance de l’interviewer trois fois et c’est lui qui a fait la préface de mon livre sur la séduction.

Et l’autre, Ryan Holiday, c’est son disciple le plus connu. En termes de marketing, il a tout compris. Il a écrit des bouquins business jusqu’à trouver vraiment son format sur le stoïcisme moderne, sur le choix du courage : “The Daily Stoic”, “Ego is the Enemy”, “The Obstacle is the Way”. À chaque fois c’est un best-seller. Et là où je me dis que c’est un bon gars, c’est qu’il a ouvert sa propre librairie au Texas ! Il vit vraiment pour les livres.

J’aime bien comme ils travaillent, comment ils ont bâti leur œuvre et leur business model.

Moi, je suis copywriter par hasard. Si tu me mets 2 millions devant moi et tu me dis “vas-y, t’as le temps”, je me lance dans l’écriture d’un roman ou dans un scénario. La créativité est plus importante pour moi que le fait de développer un business. Je ne vise pas les millions, je vise plutôt l’œuvre. Et c’est pour ça que je suis super content que le Guide du Copywriting ait fonctionné, ça va laisser une petite trace.

Je ne suis pas un vrai entrepreneur. Un vrai entrepreneur, il s’en fiche de l’esthétisme, de la transmission. Il veut le chiffre, la réussite. Moi, je suis content quand mes élèves réussissent. Et c’est là où j’ai un truc que je n’ai pas encore débloqué en tant qu’entrepreneur.

Sa notion de la réussite

Ma vision de la réussite a changé. De 15 à 20 ans, c’était vraiment “grand groupe, corporate, costard-cravate, faire de l’argent”. Ce n’est pas un modèle que j’avais dans ma maison. Mon papa est militaire, ma maman prenait tous les petits jobs possibles lors des nombreux déménagements. Ma vision de la réussite, c’était ce que je voyais dans “Capital” sur M6 le dimanche soir. Arrivé en école de commerce, ça s’est un peu affiné. Je ne voulais plus être juste dans le business, je voulais être directeur achat. Ça a été mes 2 premiers jobs.

Les dix années qui ont suivi, ça a été une période : “Ah, je veux être heureux”. Puis : “Oh mec, tu vas bientôt te marier et fonder une famille, va falloir stabiliser un peu.”

Aujourd’hui, la réussite pour moi, c’est passer le temps que je veux avec ma fille. Ça a vraiment changé. Attention, je ne dis pas que je veux être un jongleur et faire la manche. Non, l’argent est important, il permet de faire des choses. Mais ma vision de la réussite aujourd’hui, c’est être en bonne santé le plus longtemps possible, continuer de pouvoir courir, jouer au foot et passer du temps avec ma fille. »

Retrouvez :

Je recommande les formations de Sélim : j’ai suivi Email Cash Machine en 2022 (déjà !), puis Copy Money et, dès qu’elle est sortie, Ghostwriter pro (liens affiliés). Ce sont des formations de qualité, généreuses et actionnables.

Merci, Sélim, pour le partage !

Si publier un livre n’est pas rentable directement, c’est un investissement qui transforme votre positionnement, vous ouvre des portes et attire des clients que vous n’auriez jamais pu atteindre autrement. Puissant levier d’autorité, le livre est une preuve tangible d’expertise et d’expérience. Et vous, quelle preuve d’expertise pourriez-vous poser ?

Sylvie Massy Plume des dirigeant, miniature

Je suis Sylvie Massey, plume de dirigeants et dentrepreneurs qui veulent gagner en notoriété. Je les aide à transformer leur expérience en leadership d’opinion, grâce à LinkedIn, une newsletter ou un livre business.

Partenaire stratégique, je rédige pour vous. Ou plutôt avec vous. Car comme dans un 4 mains au piano, chacun a sa partition. Et ensemble, nous œuvrons pour que vous deveniez une référence de votre secteur.

À travers ces entretiens, j’explore avec mes invités le rapport à la notoriété des entrepreneurs et l’impact de l’écriture sur leur business.


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